lunederable

 

CONNIE BRUMMEL CROOK

Les éditions Scholastic

32 pages

 

EN RÉSUMÉ:

"À la fois un épisode de la vie traditionnelle autochtone et une jolie légende sur l'ingéniosité et les découvertes personnelles."- School Library Journal

À la fin de cet album l'auteur y ajoute des notes historiques où l'on apprend entre autre que les autochtones baptisaient le temps des sucres la lune d'érable et les méthodes utilisées pour obtenir du sirop d'érable à travers les âges.

MON HUMBLE AVIS:

Une très belle légende amérindienne sur la découverte de l'eau d'érables et aussi  l'histoire touchante d'un jeune garçon un peu différent des autres garçons de son âge.... qui réussira à faire sa marque en découvrant l'eau sucrée provenant de Ninautik (qui veux dire érable).

Tout commence au coeur de la grande forêt où vit ce jeune garçon de huit ans .  Il est de la Nation des Missisaugas et  vit avec son peuple dans une clairière ceinturée d'arbres de toutes les essences: bouleaux, saules, épinettes, sapins baumier ainsi que les érables.

Cette hiver qui s'éternise et qui a particulièrement été difficile laisse le village presque mort de faim.  Le Lac-au-Riz est impossible à pêcher car le printemps tarde à se pointer le bout du nez comme prévu.  L'abondance de neige nuit grandement à la chasse au gibier et les réserves de nourritures sont presque toutes épuisées.   Un jour de fête alors que les chasseurs venaient de capturer un tout petit cerf rachitique....ne pouvant danser avec les autres Fend-le-vent   observe la scène bien pensif en compagnie de son gros chien Nimouche.  Il décide de s'enfoncer dans la forêt pour s'éloigner et être un peu seul.....il rencontre alors un bien drôle d'écureuil roux qui lui fera découvrir les plaisirs de l'eau sucrée....riche de sa découverte il reviendra chercher un hachette et des paniers d'écorce de bouleau au village...pour y récolter l'eau sucrée qu'il rapportera joyeusement à sa mère. 

Mais sa découverte n'a pas l'effet escompté.  Il se fait réprimender pour avoir disparu la journée entière et sa mère jette l'eau sucrée dans la marmite d'argile...... et voici la naissance du sirop d'érable !  Le chef du village demandera à voir ce jeune garçon et ils se rendront sur place pour voir de leur yeux....cette arbre qui donne de l'eau sucrée.....mais quand ils arrivent dans la forêt à l'aube, le sol étant encore gelé et les rayons du soleil si faible...que rien ne coulait de l'arbre au grand désarroi de l'enfant.  Mais le sage du village leur demanda d'attendre une journée entière près de l'arbre et le miracle se fût lorsque les chauds rayons du soleil enveloppèrent Ninautik.  Le chef du village remercia Fend-le-vent de les avoirs sauvé de la famine ainsi que d'une mort certaine, en lui trouvant un nouveau nom: Petit-corbeau-avisé !

Ce petit garçon différent des autres qui subit les moqueries de certains garnements du village a su toucher mon coeur.  La présence de son gros chien Nimouche et de l'écureuil roux m'a bien plu également.  De découvrir le quotidien de ce village avec les nombreux petits détails domestiques était bien intéressant !  Une belle légende pour nous faire rêver et découvrir la lune d'érable ou le temps des sucres que l'on attend encore impatiemment chaque année encore aujourd'hui pour se sucrer le bec !  Je me plaîs bien à lire ce bel album chaque année en compagnie de mes enfants mais aussi aux élèves de maternelle et première année de l'école primaire qui l'adorent également !

TRANCHE DE VIE:

Le temps des sucres à toujours été un moment de grande joie et d'aventures dans ma vie du plus loin que je me souvienne.  Mon grand-père maternelle avait une "sucrerie" comme il disait et lui en était le "sucrier" !! Aujourd'hui je sais bien que c'est une érablière et un acériculteur mais j'affectionne particulièrement ces mots de mon enfance qui résonnent comme de la poésie à mes oreilles !

Il en était vraiment fier de sa "sucrerie" et prenait grand soin de ses érables tout au long de l'année.  Sa cabane à sucre était située en flanc de montagne et dans l'érablière il y avait de gros cap de pierre vraiment impressionnants.  Une fois le printemps presqu'arrivé nous "zigzaguions" avec beaucoup de plaisir entre les érables pour ramasser l'eau sucrée à même les sceaux et la faire bouillir sur un feu bien vif.  Nous avions pris soin d'entailler patiemment chacune des érables une , deux ou même trois fois à l'aide d'un vilebrequin.  Ensuite nous accrochions un chalumeau et une chaudière et le tour était joué.  C'est la nature qui s'occupais du reste !! 

Que de bons souvenirs, boire du "réduit" dans la tasse de métal de mon grand-papa....j'aimais tellement ça qu'il devait m'en donner en cachette quand ma mère y mettait un holà !!  Licher la palette , me coller les couettes, manger de la tire sur la neige toute blanche, boire de l'eau d'érable à même la chaudière même si quelques gouttes se dispersaient de tous les côtés !!  Manger notre lunch dans la petite cabane pour se réchauffer et faire sécher nos mitaines de laine qui dégouttaient !!  Les odeurs sucrées de l'eau qui boue, suivre les différentes étapes de la production, mettre le beau sirop en canne avec la "canneuse" manuelle !! et bien aligner chacune des cannes sur les tablettes à cet effet. 

Quand on entrait dans la grande cabane une vapeur à la fois sucrée et aux odeurs de feu de bois nous enveloppait et nous picotait les yeux.... de joie et de plaisir !!  Nous passions de merveilleux week-end en famille tous réunis dans le travail et le plaisir... Toute la parenté arrivait le samedi matin pour en repartir que le dimanche exténuée mais ravie d'avoir partagé de si belles heures pour fabriquer un nectar au arôme ennivrant en bouillant de l'eau sucrée tout simplement ! Un moment magique qui revenait chaque année ! 

Et vous ne devinerai jamais !! Sur mon terrain à la campagne devinez ce qu'on y retrouve ??  Eh oui une petite cabane à sucre au mignon toit rouge qui trône au milieu de belles grandes érables !!  Je suis bien la digne petite fille de mon grand-père !!  Aujourd'hui j'ai ma propre "sucrerie" et c'est moi la "sucrière" à mon tour !!  Et mes enfants découvrent la joie et l'aventure d'attendre impatiemment chaque année le printemps pour entailler et reproduire une tradition bien de chez nous !! 

Pour le moment par manque de temps nous entaillons seulement environ 10 érables pour environ 20 entailles.  Comme ça prends environ 30-40 litres d'eau pour faire un litre de sirop....nous le bouillons de façon artisanale....mais l'an prochain avec nos amis "sirod'érablistes" ( un terme propre à leur famille mais qui m'a conquise !!)  nous avons un bien grand projet de faire fonctionner la cabane à sucre à nouveau!! Nous avons tout ce qu'il faut pour faire environ 400 entailles (soit 400 chalumeaux et chaudières!) . 

Si notre projet passe du rêve à la réalité je retrouverai avec grand plaisir et émotions les odeurs de mon enfance et se sera à mon tour de donner du réduit en cachette à mes enfants quand leur père aura mis le holà !   ;) 

Bonne Lune d'érable et surtout Bonne Lecture !carnetcoupdecoeur